Qu'est ce que le Stockage défini par Logiciel ?

7 mai 2018/Charlotte Petyt

Le volume des données ne cesse d’augmenter. Mais les infrastructures de stockage ne permettent plus de répondre précisément aux besoins des entreprises. Le stockage défini par logiciel apparaît comme une alternative séduisante.

La data explose ! Selon une étude d’IBM, 90 % des données stockées dans le monde ont été créées ces deux dernières années. Excepté les grands comptes, la majorité des entreprises ne peut suivre cette cadence et gérer en interne la sauvegarde de leurs fichiers.

Outre l’investissement dans des disques durs, complété par l’acquisition de baies de stockage SAN ou NAS, ce stockage génère d’autres coûts importants et plus ou moins cachés :

  • Gestion du cycle de vie avec parfois plusieurs générations de matériel ;
  • Gestion d’éventuelles licences pour de nouvelles fonctionnalités ;
  • Maintenance en interne du matériel et des logiciels qui devient vite complexe dès qu’il y a plusieurs systèmes de fichiers et différentes technologies propriétaires ;
  • Facture d’électricité ;
  • Sécurité informatique et physique (de la salle où se trouve l’infrastructure de stockage)…

Face à cette problématique de plus en plus contraignante, des entreprises commencent donc à migrer une partie de leurs données dans le cloud ou à envisager de le faire.

Parmi les options étudiées il y a le Stockage défini par logiciel – SDL - (appelé également stockage objet ou « Object Storage » et « Software Defined Storage » en anglais). Depuis quelques années, il connaît une croissance plus rapide que les solutions classiques.

Les particularités du Stockage défini par logiciel

Le stockage classique peut être assimilé à un entrepôt. Au fur et à mesure que vous y mettez des fichiers, vous vous rapprochez de son toit, donc de sa limite. Le stockage défini par logiciel est aussi un entrepôt… mais il n’a pas de toit.

Les autres arguments en sa faveur sont semblables à ceux d’un hébergement dans le cloud : haute disponibilité, évolutivité à la demande, flexibilité du matériel… Ce dernier argument permet notamment aux entreprises d’associer et de mélanger différentes générations de matériel (la partie logiciel de stockage et en effet dissociée de la couche matérielle) et différents fournisseurs pour une plus grande liberté et des coûts plus compétitifs.

Le SDL présente des différences majeures par rapport au stockage classique :

  • Gestion via une API (ou une autre interface facilement configurable). Cette interaction simplifie la gestion des LUN (Logical Unit Number, soit un identifiant d’unité logique) dont la taille est souvent surdimensionnée pour anticiper d’éventuels besoins supplémentaires, ce qui entraîne un important gaspillage de ressources.

Par ailleurs, ce recours à une API réduit également la surface d’attaque du système de stockage, car le seul vecteur disponible est l’API HTTP/HTTPS et le service fournissant la fonctionnalité API.

  • Utilisation d’une structure plate : les objets sont dans des conteneurs, plutôt que dans une structure arborescente imbriquée. Certains fournisseurs dans le cloud incluent également dans leur offre trois types de conteneurs (public, privé et Web Static).
  • Un accès différent : le SDL n’est pas directement accessible par le système d’exploitation. Il n’est en effet pas considéré comme un système de fichiers local ou distant. Il est conçu pour être consommé par votre application.
  • Virtualisation du stockage : vous pouvez virtualiser le stockage en regroupant les disques SSD et disques durs en pools de stockage et administrer des partages de fichiers sur les disques virtuels. Mais il est également possible d’émuler une structure de répertoires afin de donner l’illusion d’une hiérarchie.

Le besoin d’expertises

Cette approche présente donc des arguments intéressants pour les PME (en particulier celles qui ont plusieurs sites). Elle permet de réduire considérablement le niveau d’expertise et de formation requis pour déployer et prendre en charge l’infrastructure.  Le remplacement des disques est simple puisque le système de stockage Objet redistribue automatiquement les données à chaud.

Les différentes migrations (en fonction de la dernière date d’accès, du type, de la taille des fichiers…) peuvent s’appuyer sur des règles pour simplifier le processus et l’automatiser.

Au final, l’Object Storage représente une solution pertinente pour le stockage de données non structurées (images, musique, vidéo, contenu Web…) mais également pour l’archivage de données structurées et semi-structurées comme les bases de données, les informations récupérées par des capteurs et des logs.

Mais comme toute solution, le SDL n’est pas parfait. Il présente quelques limites dont il convient de tenir compte dans ses projets :

  • Les modes POSIX (Portable Operating System Interface) ne fonctionnent pas directement avec le stockage objet (il ne s’agit pas d’un système de fichiers) ;
  • Performances inférieures par rapport au stockage en bloc : le matériel standard est en effet conçu pour un stockage sur disque dur…

Quelle que soit l’option retenue, elle nécessite du sur-mesure pour être parfaitement adaptée à vos besoins. Or, toutes les PME ne disposent par d’une expertise en interne leur permettant de gérer le stockage de façon optimisée en mélangeant solutions classiques et SDL. Même constat pour gérer les différentes menaces (continuité métier, reprise après désastre…) et comparer les très nombreux fournisseurs de stockage à définition logicielle !

Être accompagné par des spécialistes représente une sage décision.

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Charlotte Petyt
À propos de Charlotte Petyt : Charlotte est ce qu’on appelle « une passionnée de Cloud ». Ce qui l’anime, c’est la compréhension des problématiques des entreprises autour de la transformation digitale et l’évolution du marché du Cloud. Depuis 5 ans, elle travaille sur l’évolution des produits Scalair et de son outil de supervision : le CS Manager.

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