Comment choisir son provider cloud ?

22 septembre 2020/Emilie Ravet

Les différentes offres de cloud arrivent à maturité. Revers de la médaille, comment retenir l’offre qui convient le mieux à ses besoins ou spécificités ? Différents critères doivent être étudiés de près.

 

Le SaaS (Software as a Service) est le marché du cloud public le plus mature. Mais ce marché est dominé par cinq fournisseurs (Microsoft, Salesforce, Oracle, Adobe et SAP) qui s’accaparent la moitié du gâteau.

Le IaaS est lui aussi dominé par cinq fournisseurs (Amazon, Microsoft, Alibaba, Google et IBM) qui représentaient près de 80 % de la part de marché mondial en 2018.

Pour le PaaS, le cabinet Gartner rapporte que seuls 10 des 360 fournisseurs sont en mesure d’offrir 10 ou plus des 22 services décrits dans son rapport. Conduisant la majorité des fournisseurs à se concentrer sur une offre PaaS unique et adaptée à l’usage plutôt que sur une solution multifonctionnelle.

 

La diversité des offres cloud et l’intégration d’outils innovants confirment la prédominance du cloud dans tout projet de transformation numérique. Mais quelles solutions retenir ?

La décision est souvent simple pour les organisations qui sont déjà sur un cloud spécifique depuis plusieurs années et qui ont donc adopté un fournisseur. Pour toute nouvelle migration de charge de travail (ou workload) ou pour créer des applications natives du cloud, ce fournisseur est souvent le préféré. Principalement, pour des raisons de cohérence ou de relation de confiance.

La situation est plus délicate pour les entreprises qui n'ont aujourd'hui transféré que quelques charges de travail vers le cloud ou aucune. Or, le choix d'un fournisseur de services n'est pas facile. Il est surtout difficile de faire une comparaison précise, car les offres sont en constante évolution.

 

Quelles applications migrer ?

Une approche globale doit être adoptée pour identifier celui qui sera le plus approprié. La décision ne doit pas porter uniquement sur les offres de services, mais aussi sur la compréhension des exigences commerciales et techniques internes ainsi que sur les défis que doit relever l'organisation pour transférer les charges de travail vers le cloud.

 

Il est essentiel de comprendre les attentes et de savoir clairement ce qu'il faut réaliser en passant au cloud. Avant toute chose, il est indispensable de déterminer les charges de travail qui pourraient être (ou devraient être) transférées vers le cloud (lorsqu’il s’agit d’une première migration) ou un autre provider (lorsqu’il s’agit de changer de fournisseur). S'agit-il d'applications spécifiques, ou y a-t-il des centaines de machines et d'applications virtuelles ?

 

Parallèlement à la réflexion menée avec les métiers concernés et l’équipe IT sur la pertinence de migrer dans le cloud telle ou telle application, il est nécessaire de se poser d’autres questions importantes : s'agit-il de quitter un datacenter en raison de l'expiration d'un bail, du vieillissement du matériel, de renforcer sa reprise après sinistre ou encore de réaliser des économies ?

 

Le passage au cloud remet également en question les processus existants. Il y a des impacts sur les processus financiers (passage de CapEx à Opex avec des frais mensuels variables), le développement d'applications, la composition des équipes… Parallèlement au changement des processus, un changement des mentalités au sein de l'organisation s’avère indispensable pour assurer la réussite et la pérennité de ce projet.

 

Le diable dans les détails

Au-delà des questions d’ordre techniques, stratégiques et règlementaires, il est nécessaire de s’assurer que le fournisseur répond à vos exigences en termes d’assistance et de reprise. Quel type d'assistance et de délai de réponse offre-t-il 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 ? Quel sera le degré d'engagement ?

Il est donc indispensable d’étudier précisément le SLA (Service Level Agrement) afin de bénéficier des meilleures garanties de services. Ce document qui définit contractuellement la qualité du service doit détailler quatre paramètres cruciaux :

  • Le périmètre technique : nombre d’instances virtuelles et/ou de serveurs physiques, l’espace de stockage...
  • L’indicateur associé au SLA : dans le cas de la disponibilité, le pourcentage est très proche du 100 % (99 %, 99,9 %, 99,99 %…). Rapporté aux nombres de minutes dans une année, cela signifie à peine 4 heures d’indisponibilité
  • La plage horaire à laquelle s’applique cette garantie : 365 jours x 24 h par exemple
  • Les exclusions : plage de maintenance, responsabilité client...

 

Enfin, n’oubliez pas que le diable se cache dans les détails ! Les offres des différents fournisseurs peuvent sembler similaires à première vue. Mais en les étudiant de plus près, on peut découvrir des caractéristiques techniques spécifiques (ou l'absence de caractéristiques) ou des petits paragraphes dans les conditions générales de services qui peuvent être déterminantes dans le processus de prise de décision.

 

Le cloud est arrivé à maturité et les solutions sont innocentes. C’est aujourd’hui une évidence. Mais toutes les entreprises souhaitant migrer (ou renforcer son intégration dans leur SI) ne maitrisent peut-être pas les subtilités de cet univers en perpétuel mouvement. Être accompagné est plus que jamais une sage décision.


Emilie Ravet
À propos de Emilie Ravet : Emilie est responsable Marketing en charge de la publication des articles du blog.

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