Cloud public vs Cloud privé : quel est le moins cher ?

30 novembre 2017/Charlotte Petyt

Focalisées sur la réduction des coûts, de nombreuses entreprises sont convaincues des avantages du Cloud public. À l’opposé, certaines ne jurent que par le Cloud privé. La réalité est plus complexe que le discours commercial de ces fournisseurs dans le Cloud ! En particulier lorsqu’on s’intéresse aux coûts cachés.

Très souvent, l’adoption du Cloud est motivée par le passage d’une logique CAPEX  (« Capital Expenditure » - investissements) à une logique OPEX (« Operating Expenditure » - coûts de fonctionnement).

Pour le CoDir d’une entreprise, cette transition a un impact déterminant sur son développement : réserver la capacité de financement pour des projets à plus forte valeur ajoutée.

Le Cloud public : « consommer » de l’informatique

Dans cette optique, le recours aux offres dans le Cloud public apparaît comme une étape logique. Sur le papier, c’est la solution qui semble en effet la mieux adaptée à la transformation numérique : des délais de mise en œuvre courts, une ergonomie des solutions dont les capacités sont flexibles, une absence de maintenance et bien sûr un paiement généralement mensuel ou annuel et "à l’usage" (« pay-as-you-go »).

En un mot, le Cloud public permet de prendre des risques en minimisant les coûts.

Attention aux coûts cachés !

Parue cet été, une étude du cabinet d’étude américain 451 Research montre que la facture est, finalement, moins élevée lorsque l’entreprise possède... sa propre infrastructure.

Dans certains cas, les économies réalisées étaient même spectaculaires : 9 des répondants affirment avoir économisé au moins 50 % avec leur Cloud privé.

Même s’il faut relativiser cette étude portant sur 150 personnes, elle présente le mérite de rappeler que le vrai coût du Cloud public n’est peut-être pas aussi attractif.

Les principaux fournisseurs publics de Cloud Computing proposent des outils permettant à leurs clients de prévoir les coûts mensuels. Mais ils ne reflètent pas toujours les usages réels.

C’est surtout le cas en cas de pic d’activité. Les fournisseurs dans le Cloud peuvent à loisir fournir des ressources supplémentaires. Mais cela a justement un coût ! Et la facture est d’autant plus élevée qu’il est difficile d’anticiper ces montées en charge (quelle intensité, durant combien de jours, pour combien d’usagers… ?).

Pour éviter de voir son budget Cloud augmenter fortement, les entreprises peuvent répartir les composants sur plusieurs offres publiques. Mais cette option est rarement appliquée, notamment parce que les estimations des coûts du cloud public ne tiennent pas compte des déploiements multi cloud.

Dès lors, certaines entreprises décident de disposer de leur propre infrastructure.

Le Cloud privé : « exploiter » son informatique

Dans cette optique, l’entreprise dispose de son propre data center et de ressources pour offrir des services en ligne à ses collaborateurs. Le Cloud privé permet d’avoir une maîtrise totale de l’environnement y compris les logiciels, et de la confidentialité des données.

Encore faut-il en avoir les moyens et les capacités techniques et humaines ! C’est le cas pour les grands comptes, certainement pas pour les PME/PMI. Là aussi, les coûts réels peuvent avoir un impact sur les capacités de développement de l’entreprise.

Son service informatique doit en effet superviser cette infrastructure : maintenance, mise à jour des logiciels, déploiement et configuration de solutions de cybersécurité…

La gestion d’une infrastructure à grande échelle et à haute disponibilité nécessite également du personnel hautement qualifié.

Comme le Cloud public, il y a des coûts cachés que l’on doit intégrer avant de se lancer dans la migration de ses applications ou de son SI. Il y a notamment trois éléments à prendre en considération :

  • Le faible taux d’occupation des data center privés : il se situe entre 10 et 20 %. C’est très peu comparé à celui des fournisseurs dans le Cloud. Ce faible taux d’occupation des Clouds privés a donc un coût élevé, car les serveurs fonctionnent en permanence, mais sont très peu utilisés…
  • Les coûts du matériel : en plus de l’investissement initial, il faut assurer la maintenance des équipements pour qu’ils soient toujours performants et sécurisés.
  • Une capacité mal adaptée : entre le moment où le matériel est commandé puis livré et installé, il peut s’écouler plusieurs mois. Et lorsqu’ils deviennent opérationnels, il se peut qu'ils ne soient plus adaptés aux besoins de l’entreprise ou qu'ils ne répondent plus aux contraintes du marché.

Au final, avec son Cloud privé, l’entreprise « exploite » l’informatique, plutôt que de la consommer.

Le critère « coût » doit être étudié avec précision afin de retenir la bonne solution. Mais en se focalisant uniquement sur ce point, les entreprises oublient que les véritables raisons de migrer dans le Cloud sont ailleurs : agilité, localisation des données dans le respect des réglementations nationales, accès aux nouvelles technologies, opportunité pour migrer des technologies obsolètes ou propriétaires…

 

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Charlotte Petyt
À propos de Charlotte Petyt : Charlotte est ce qu’on appelle « une passionnée de Cloud ». Ce qui l’anime, c’est la compréhension des problématiques des entreprises autour de la transformation digitale et l’évolution du marché du Cloud. Depuis 5 ans, elle travaille sur l’évolution des produits Scalair et de son outil de supervision : le CS Manager.

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