Les différentes classifications d'un Datacenter

23 avril 2018/Emilie Ravet
En apparence, un centre de données ressemble à un banal hangar. En réalité, c’est une infrastructure très complexe. C’est la raison pour laquelle ils sont classés en fonction de différents critères et certifications.

Serveurs, systèmes de stockage, commutateurs de réseau, routeurs, firewalls, câbles, racks physiques... Sans oublier un système distribution d’énergie, un commutateur électrique, des générateurs dédiés au backup, un système de ventilation et de refroidissement...

Bref, un datacenter est une machinerie très complexe à maîtriser. Pour les entreprises qui investissent dans ce type de projet, il est vital de s’assurer que l’installation va fournir le niveau de performance et de fiabilité informatique correspondant à l'objectif commercial. Même si la disponibilité, la sécurité des données et la qualité des services proposés sont essentielles, les entreprises doivent en effet assurer un retour sur investissement.

Cela vaut aussi bien pour les géants de l’IT que pour les entreprises plus petites qui décident de construire des datacenters moins imposants en province. Elles misent sur la proximité par rapport à la région parisienne qui concentre encore plus de 80 % des centres de données.

Quelles que soient leur taille et leurs particularités, les datacenters doivent répondre à différents critères. Il existe plusieurs organismes proposant des classifications (Syska Hennessy, TIA 942, BICSI 002), mais il n’y a que l’Uptime Institute qui délivre des certifications. Depuis 2015, il en a certifié plus de 1000 !

 data-center-tiers.png

Source :https://uptimeinstitute.com/TierCertification/certMaps.php

Cet organisme consultatif indépendant classe les datacenters en quatre niveaux : TIER I, II, III et IV. Chaque niveau reprend les caractéristiques de l'échelon précédent, en y ajoutant des améliorations supplémentaires. L’objectif est d’évaluer la qualité et la fiabilité des capacités d’hébergement d’un centre de données.

Tier I – « basique »

Ce niveau correspondant à un centre de données composé d’une seule alimentation électrique, sans aucune redondance que ce soit pour l’infrastructure ou la climatisation.

  • Taux de disponibilité : 99,671 %.
  • Un arrêt annuel pour maintenance.

Tier II – redondance partielle

Certains composants de distribution électrique sont redondés, mais le chemin de distribution électrique ne l’est pas. La planification des opérations de maintenance sur les composants redondés évite tout impact sur le matériel informatique.

  • Taux de disponibilité : 99,741 %.
  • 22 heures (moyenne) d’interruption par an.

Tier III – maintenance concurrente

Tous les composants sont redondés et de multiples chemins de distribution existent, mais un seul est utilisé (distribution en mode actif/passif). Tout le matériel informatique est à double alimentation.

  • Taux de disponibilité : 99,982 %.
  • 1,6 heure (moyenne) d’interruption par an.

Tier IV – tolérance aux pannes

Il y a plusieurs sources d’alimentation. Chaque système est redondé et physiquement
compartimenté. Ce datacenter supporte automatiquement l’arrêt imprévu d’uncomposant.

Refroidissement continu : la température en salle est donc maintenue même pendant une coupure électrique.

  • Taux de disponibilité : 99,995 %.
  • 0,8 heure (moyenne) d’interruption par an.

Pour être classé parmi ces différents niveaux, le datacenter doit répondre à différents cahiers des charges et certifications.

La certification des documents

C’est une condition préalable aux certifications suivantes. L’objectif est de s’assurer que les spécifications techniques et architecturales du projet sont conformes aux objectifs de disponibilité déterminés par le gérant du datacenter. L’Uptime Institute délivre également des recommandations pour améliorer la durabilité opérationnelle.

La certification de l’installation construite

Sur le papier, tout parait optimal. Mais des erreurs ou des dysfonctionnements, au moment de la construction, ont pu avoir un impact négatif. C’est la raison pour laquelle cette certification (incluant des démonstrations des systèmes en conditions réelles) garantit que l’installation a été construite comme prévu. Elle permet également de vérifier qu’elle est capable de répondre aux exigences définies en matière de disponibilité.

La certification de l’exploitation durable

Les critères de durabilité opérationnelle identifient les éléments qui ont un impact sur la disponibilité à long terme. Il y a trois catégories-clés : gestion et exploitation, caractéristiques du bâtiment et emplacement du site. C’est à ce niveau qu’Uptime Institute vérifie s’il y a assez de personnel, s’il a été bien formé et si les différentes procédures sont comprises et maîtrisées. Le but ? Minimiser les risques d’erreurs.

Mais les classifications d’Uptime Institute ne sont pas uniques. D’autres certifications permettent d’affiner la sélection d’un datacenter en fonction de ses impératifs.

Il y a notamment le « Leadership in Energy and Environmental Design ». Le LEED est considéré comme l’un des programmes de certification des bâtiments écologiques les plus populaires au monde. Les e-commerçants feront appel à des hébergeurs de données affichant le PCI DSS. Le « Payment Card Industry Data Security Standard » désigne les normes de sécurité des données applicables à l’industrie des cartes de paiement.

Il y a enfin la norme ISO 27001 qui décrit les exigences relatives à la sécurité des Systèmes d’information.

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Emilie Ravet
À propos de Emilie Ravet : Emilie est responsable Marketing en charge de la publication des articles du blog.

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